vendredi, 31 mars 2006
Hanoi
Nous allons diner dans une cantine vietnamienne pres de notre hotel, dans le quartier touristique. Le resto est ouvert sur la rue, le patron, un vieillard, est poste a l'entree derriere un bureau d'ecolier. Il fait des signes directifs quand un client arrive. Ni bonjour, ni sourire, a la Viet.
Nous nous asseyons, commandons, mangeons, la nourriture est plutot mauvaise. Puis je decide de payer. La note est sur la table depuis le debut du repas. Je m'en saisis, vois deux lignes 70 et 75, j'aditionne et donne 150, soit trois billet de 50. La fille me rend 25, je recompte donc et realise que la note etait mal ecrite. 75 etait le prix a payer. Elle m'a rendu 25 comme si je n'avais donne que 100. Je reclame donc gentiment. Evidemment elle fait semblant de ne pas comprendre et me renvoie au vieillard, celui-ci fait de meme.
Je m'ennerve un peu, commence a parler fort. Il y a un flic au fond du resto qui laisse faire. Je demande au vieux d'ouvrir son tiroir et de verifier, il ne veut pas. Ils savent tres bien que j'ai raison.
Je suis crevee par le harcelement continu de la rue durant la journee et n'ai pas envie de leur faire le plaisir de partir. Je sens que je vais faire un massacre. Leur indifference me rend folle. J'arpente le restaurant et essaie encore d'expliquer ce qui s'est passe, en vain. On ne me regarde meme pas.
Je me tourne vers Stephane et luis dis: "Je prends dans la caisse ou quoi???" Exaspere lui aussi, encore une fois par les Vietnamiens, il me dit "oui". Feu vert, la fille arrive vers le vieux avec une note payee, je suis toujours au milieu. Je m'empare des billets et court dans la rue. Et la, l'indifference s'evanouit completement comme par magie: le vieux se leve et crie, la fille fait de meme. Il demande aux "motorbike" postes devant son resto de me poursuivre. Aucun ne bouge.
J'attends Stephane un peu plus loin. Il est reste dans le resto et leur parle. Je vois mal d'ou je suis. Une angoisse me prend soudain. En entrant dans la cantine, j'avais remarque que le vieux avait un grand couteau de cuisine a ses pieds sous le bureau. Une image me glace. J'ai peur qu'il menace Stephane. Je commence a me rapprocher et vois sortir Stephane qui me rejoint.
Il me dit qu'il est reste pour les calmer et leur dire que nous etions dans notre droit. Il s'est saisi de la facture du repas restee sur le bureau et l'a brandi devant le petit attroupement de serveurs, instituant ainsi notre bonne foi. Le vieillard s'est baisse et a essaye d'attrapper quelquechose sous le bureau, puis s'est ravise en voyant que Stephane le regardait.
Nous marchons, je suis terrorisee. Je sors le billet de 50 que j'ai pris et vois qu'il y en a un a l'interieur de 100. Je paye ma tournee.
Je me rends compte que je me suis enervee pour 3 euros, il est temps de partir du Vietnam.
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mardi, 28 mars 2006
Train Hanoi-Pekin
11:50 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Voyage
samedi, 18 mars 2006
De retour a Saigon...
09:25 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Arts et culture
jeudi, 13 octobre 2005
De Saigon a Kuala Lumpur...
Stephane:
Resume de deux mois au Vietnam:
Stephane a repris le tennis, pas en forme au point de battre Santoro mais a tout de meme battu Sylvain, patron du resto le jardin a Saigon, une pointure dans la rue Thai Van lung.
Maud a rencontre, sur une idee de Ghislain, le responsable (francais) des affaires culturelles, Alain, qui va essayer de mettre en place dans les mois a venir le spectacle Un barrage contre le Pacifique au Vietnam... une date ou une tournee...mais la censure permet peu de choses, venons en aux faits. Le Vietnam est en realite une dictature dure de chez dur... et les gens y sont peu affables dans le meilleur des cas voire hostiles... oubliez donc les images de reve du magazine GEO ou le sourire de Catherine Deneuve dans le vert des heveas indochinois... pensez plutot aux milliers de tonnes de bombes americaines et a la tete que l on fait seulement trente ans plus tard, fort logiquement, a un compatriote potentiel du pilote-bombardier...
(en decembre 2003 nous avions voyage dans les montagnes...entre Hanoi et Dien Bien Phu... et peu dans les villes...d ou notre tres bonne premiere impression).
Meme les guides mentent, le lonely presente par exemple Hue (ex-capitale imperiale) comme une ville branchee et magnifique alors qu il s agit d un vaste champ de ruines dotee d une citadelle detruite, fade, laissee a l abandon...
Hommage aux super-autoexpats (a distinguer des expats) que nous avons rencontre la bas, passionnes, chaleureux et profonds.
Maud:
Je viens d'arriver a Kuala Lumpur apres mon cours sejour archi booke en France, desolee de ne pas avoir vu certains.Nous remettons en liste ceux qui ont ete elimines, pour une nouvelle chance. Je rappelle la regle: elimination apres deux mails sans reponse, oui je sais c'est dur mais c'est la dure loi de l'Asie.
Je suis donc arrivee hier matin, nous logeons a Green Hut, charmante guesthouse au pied des gigantesques buildings de verre, dans une immense ville ou sentent bons les grillades, les jus de fruits frais, les poulets tandoori, les epices, etc....Stephane est a cote de moi, il prend une lecon de Malais (Bahasa) , nous venons de faire un tour a Chinatown, immense marche de nuit ou toutes les contrefacons chinoises se vendent et s'achetent. Sommes rentres dans un magnifique temple hindou, les chaussures restent dans la rue, les blancs sont les bienvenus, la musique transporte, les sahris, les batiks, les couleurs....moment magique.
Ici, tout le monde est gentil, souriant, les gens viennent vers nous, nous emmenent voir des choses,des buildings, des singes, nous conseillent, rient avec nous, l'atmosphere est paisible, indiens, chinois, malais cohabitent harmonieusement entre eux et avec les blancs.
La vegetation est luxuriante, je n'ai jamais vu ca. En sortant de l'aeroport, j'ai pris un train ultra moderne qui relie Kuala Lumpur Sentral en 28 minutes ( 75km) au beau milieu de bananeraies immenses.
On parle anglais toute la journee, pas le choix comme a Saigon, mais c'est bien , on s'y fait vite...Enfin, on pense apprendre le malais assez vite, les gens nous en donnent l'envie, la langue est rigolote.Quelques exemples:
-Saya pagi tengok monyet : je vais voir les singes.
ou plus facile:
-Apa khabar? :Comment ca va?
-Khabar baik, terima kasih : Ca va bien, merci.
Voila pour votre premiere lecon de Malais-Indonesien ( langues proches)
09:55 Publié dans Malaisie, Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 25 août 2005
Le tennis et les offrandes
Un des membres du groupe parle Francais, un monsieur de 60 ans (Ton) qui habitait Grenoble, ce qui m a permis de mieux comprendre...
Stephane
10:15 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 23 août 2005
Saigon
Saigon le 23.08.2005
Sommes arrives a Saigon avant hier soir et depuis tout est alle tres vite grace a l'aide de Sandrine et Bertrand, deux artistes Bordelais rencontres au cours de Vietnamien de Bordeaux, qui sont ici depuis 5 mois. Ils sont en train de monter un Centre d'Art a Hoi An et a Saigon. Grace a eux, nous avons un petit appart-terrasse en bambou en plein coeur de la ville depuis ce soir, qu'il est bon d'ouvrir les sacs et de se disperser...
Les premiers signes montrent que Saigon est peut etre une ville pour nous,en mouvement perpetuel, immensement grande et agreable a vivre. Stephane a deja trouve un club de tennis et a ete teste et approuve par 7 vietnamiens qui louent les cours 3 jours par semaine pdt 2 heures.
Au debut avec sa tete de blanc, c'etait 10 $ de l' heure, et une heure apres, quand ils ont su qu'il etait classe 15-3 en France, vu sa raquette Prince et compris qu'on etait pas des touristes, et qu'il a bien failli mettre minable le meilleur joueur du groupe si une pluie torrentiellle n'etait intervenue,c'etait RESPECT, ils lui payaient des bieres, le cours etait gratuit, le ramasseur de balles aussi, et ils lui apprenaient le Vietnamien!
Bref l'integration.
07:55 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 17 août 2005
Visite de Hoi An
Hoi An colons
Certains entrepreneurs s'amusent à vous faire revivre l'époque coloniale où le Viet, comme vous pouvez l'observer, est "posté", entièrement au service du blanc. "Il y avait deux villes dans cette ville; la blanche et l'autre. Les quartiers blancs de toutes les villes coloniales du monde étaient toujours dans ces années là, d'une impeccable propreté." Marguerite Duras, Un Barrage contre le Pacifique. Extrait. 
Hoi An est une ville magnifique, magique,les maisons datent du XVII e siecle,c'est un village de poupees qui ressemble a l'epoque coloniale, les plages sont tres belles et la nourriture delicieuse, je bois des "pina colada" a la tombee de la nuit,la ville regorge de tailleurs qui peuvent vous faire une garde robe entiere en qq heures (1 pantalon en lin, 1 jupe plissee, 2 robes, super qualite, 30 euros pour vous donner une idee...), il y a meme une legere brise qui rend l'air respirable malgre les 40 degres a l'ombre, tout serait parfait si le harcelement continu des loueurs de motos "motorbike,motorbike!",des tailleurs "just looking my shop!",des masseuses "Luna, good massage, good price for you!", des vendeurs d'ananas "My name is Loulou, do you want pineapple, pineapple...,maybe later pineapple, pineapple?????" ne vous rendaient la ville insupportable , a tel point que Stephane refuse de sortir de la chambre depuis 2 heures.
Nous partons donc demain pour Nha Trang, 11 heures de bus pour ajouter a notre palmares et esperons trouver une plage privee pour nous reposer.
07:40 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 15 août 2005
Arrivee à Hoi An
Hoi An le 15 aout 2005,
Sommes a Hoi An aujourd hui, c est tres beau et plus sympa qu Hue, ancienne capitale imperiale, assez detruite et ou les autorites locales semblent faire peu d efforts ( nouveau regime et symbole de la royaute... ceci explique peut etre que la ville tombe en ruine malgre un certain passage touristique)
Nous serons bientot a Saigon (allons passer avant dans la ville d Alexandre Yersin, Na Thrang ou nous irons peut etre faire du bateau avec les pecheurs, comme lui) ou Maud a RV avec Maryse Para la directrice de l ecole francaise (primaire). Je viens d acheter une raquette de tennis PRINCE (on ne se refuse rien) que j ai trouve chez un vendeur dans une petite ruelle a Hue (un ancien Champion d Hanoi),une demi journee pour trouver le taulier...
Je vais peut etre donner des cours, rempiler, compte tenu de mon passe francais, champion de dordogne et de Coulounieix!
Le Tennis est le sport manifestement tres VIP ici et pas encore tres developpe. J ai vu qu ils ne jouaient pas tres bien, la formation sera donc peut etre appreciee...
Hier nous avons fait de la moto (louee pour une demi journee) pour aller sur une plage assez minable a 15 kms de Hue (thuan Oa), Maud avait super peur a l aller (sa premiere sur une moto) et moins au retour... elle lachait meme les mains!
Nous n avons pas ramene un cochon ou des poules, comme les Vietnamiens, mais juste nous, sans trop d embuches, jusqu a un vendeur de tissu qui avait loue la moto pour nous en appelant un type presque au hasard dans la rue...
Ici, tout est a peu pres, peut etre, pas certain... Ce qui occasionne bien des petages de plombs mais aussi de bonnes rigolades.
07:40 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 10 août 2005
Hanoi... proche du départ
Hanoi le 10 aout 2005,
Pekin nous a beaucoup plu au point que nous y sommes restes pres d une semaine. Apparemment ce n est pas le bon moment pour etre a Hanoi que nous connaissons deja un peu.
Il fait pres de 40 degres et le commerce dans la vielle ville est assez agressif, c est comme un filet tendu et nous avons l impression d etre des dongs (monnaie locale) sur pattes...
Nous partons donc des ce soir pour Hue, l ancienne capitale imperiale ( a 500 kms environs), ici les decisions sont faciles a prendre, rapides a realiser et peu couteuses (9 dollars pour celle-ci en l occurrence)...
Ce qui est charmant au Vietnam c est l anachronisme et le passe que nous pouvons vivre grace aux coutumes conservees (et a un certain retard aussi il faut dire), nous pouvons voir travailler (les artisans ou les paysans) comme travaillaient les gens en occident il y a un siecle... on vit ainsi plusieurs vies et notamment une a laquelle on n a pas pu assiter.

07:35 Publié dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 09 août 2005
Lecture de voyage...
Train Pekin-Hanoi le 7 aout 2005
Envoi d'Hanoi le 9 aout 2005
Chers amis,
Permettez-nous de vous offrir a lire cet extrait du texte de Marguerite Duras Le ravissement de Lol V. Stein:
"J'aime a croire, comme je l'aime, que si Lol est silencieuse dans la vie c'est qu'elle a cru, l'espace d'un eclair, que ce mot pouvait exister. Faute de son existence, elle se tait. C'aurait ete un mot-absence, un mot-trou, creusé en son centre d'un trou, de ce trou ou tous les autres mots auraient été enterres. On n'aurait pas pu le dire mais on aurait pu le faire resonner. Immense, sans fin, un gong vide, il aurait retenu ceux qui voulaient partir, il les aurait convaincus de l'impossible, il les aurait assourdis a tout autre vocable que lui-meme, en une fois il les aurait nommes, eux, l'avenir et l'instant. Manquant, ce mot, il gache tous les autres, les contamine, c'est aussi le chien mort de la plage en plein midi, ce trou de chair. Comment ont-ils ete trouves les autres? Au décrochez-moi-ca de quelles aventures paralleles a celle de Lol V. Stein etouffees dans l'oeuf, pietinees et des massacres, oh! qu'il y en a, que d'inachevements sanglants le long des horizons, amoncelés, et parmi eux, ce mot, qui n'existe pas, pourtant est la: il vous attend au tournant du langage, il vous défie, il n'a jamais servi, de le soulever, de le faire surgir hors de son royaume perce de toutes parts a travers lequel s'ecoulent la mer, le sable, l'eternite du bal dans le cinema de Lol V. Stein."
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